Le premier triangle auquel on songe est le triangle
rectangle obtenu en partageant un triangle équilatéral en deux. Les
angles valent respectivement 90°, 60° et 30°. L'angle de 60° vaut le
double de l'angle de 30° et l'angle droit vaut le triple de ce même
angle. Mais ce triangle est à exclure car ses côtés ne peuvent pas être
tous entiers, l'un des côtés de l'angle droit étant dans le rapport
Ö3/2 avec l'hypoténuse.
La relation des sinus dans un triangle permet d'obtenir rapidement la réponse.
Soit A = ÐBAC = k* ÐABC = k*B avec k=2,3,4 et soient a, b, c les côtés du triangle ABC.
On a : a / sin(A) = b / sin(B) = c / sin(C).
Comme C = P - A - B = P - (k+1)*B, les relations s'écrivent a / sin(k*B) = b / sin(B) = c / sin[(k+1)*B]
1 er cas : k=2
a / sin(2*B) = a / [2*sin(B)*cos(B)] = b / sin(B) = c / sin(3*B) = c / [sin(B)*cos(2*B) + sin(2*B)*cos(B)]
Comme B est > 0, on peut simplifier les trois membres par sin(B) et en posant X=cos(B), on obtient les identités :
a / (2*X) = b = c / (4*X2-1), d'où l'équation du second degré en X : 4*a*X2 - 2*c*X - a = 0
a, b, et c ne peuvent prendre de valeurs entières que
si X est un nombre rationnel. Il en résulte que le discriminant de
l'équation, c2 +4*a2, doit être le carré d'un entier ou d'un nombre
rationnel.
Cette condition est satisfaite si l'on retient c et
2*a comme étant les deux côtés de l'angle droit de triangles
pythagoriciens de la forme [2*p+1, 2*p*(p+1), 2*p*(p+1) + 1]. Dès lors
les côtés a, b et c du triangle ABC dont l'angle A est le double de
l'angle B sont respectivement égaux à p*(p+1), p 2 et 2*p+1 tandis que
X =cos(B)= (p+1) /(2*p).
Pour p=1, les trois sommets du triangle ABC sont alignés. Les valeurs entières des côtés sont donc obtenues pour p>1
On observe que les longueurs du côté b opposé à l'angle B sont les carrés des entiers consécutifs 2,3,4,...,p. Le plus petit triangle a pour dimensions 6,4 et 5.
On peut obtenir une formule plus générale en posant X
= p / q avec p et q entiers p<=q. Il en résulte a / c = (4*p2 - q2) / (2*p*q) et b = a / 2*X = q2. En prenant a = 4*p2-q2, b = q2
et c = 2*p*q avec q/2<p<q, on obtient le tableau ci-après dans
lequel les valeurs de a, b, c ont été divisées par leurs facteurs
communs afin de faire apparaître les dimensions les plus réduites
possibles des triangles.

2 er cas : k=3
Dans ce cas la relation des sinus s'écrit a /
sin(3*B) = b / sin(B) = c / sin(4*B) . En posant une nouvelle fois
X=cos(B), on obtient la relation a / (4*X2 - 1) = b = c / [4*X*(2*X2 - 1)]
Avec X = p/q nombre rationnel, on obtient les valeurs
entières de a, b, c suivantes : a = q*(4*p2 q2), b = q3 et c =
4*p*(2*p2-q2) avec les inégalités q2 /2 < p2 < q2. D'où le
tableau donnant les premières valeurs de a,b,c :

Le plus petit triangle a pour dimensions 10,8 et 3.
3 er cas : k quelconque
De manière générale, la relation des sinus donne les relations a / sin(k*B) = b / sin(B) = c / sin[(k+1)*B].
En développant sin(k*B) et sin[(k+1)*B] et en mettant
sin(B) en facteur commun des deux expressions, on obtient deux
polynômes de degrés respectifs k et k+1 en X = cos(B). Soient Pk(X) et
Pk+1(X) les deux polynômes ainsi obtenus. Les relations ci-dessus
deviennent a /Pk(X) = b = c / Pk+1(X). En posant X = p/q p et q
entiers tels que p<q, on obtient les valeurs entières de a et c à
partir de Pk(p/q) et Pk+1(p/q) tandis que b prendra la forme q k.